Réforme ?

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Lafla
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Re: Réforme ?

Post by Lafla » 10 April 2017, 00:15

Bonjour,

http://culturesancestrales.fr/viewtopic ... 922#p24922

tout d'abord, félicitations à Q Leplat pour son travail, je pense que c'est globalement ce qui a été dit de plus intelligent concernant l'île de Pâques depuis bien longtemps, et le lien avec le travaux de H Crowhurst, Carnac, les solstices, la géométrie dite "sacrée", etc... sont ici on-ne-peut-plus clairs. C'est extrêmement simple une fois qu'on a toutes ces choses sous les yeux, ce qui fait que c'est d'autant plus convaincant, mais il fallait y penser... Cela dit j'apprécie aussi la prudence des deux intervenants et je les rejoins tout à fait quand ils disent que l'île n'a pas été crée artificiellement mais sans doute légèrement arrangée.

Au passage, concernant les angles des "multiples carrés", voici un moyen simple de les additionner sans passer par les arctangentes : si par exemple on représente l'angle d'un double carré (longueur = 2 unités, hauteur = 1 unité) par le nombre complexe 2+i (par définition i² = -1), alors le double de cet angle est représenté par le carré de ce nombre soit
(2+i)² = 2² + 2x2xi + i² = 4 + 4i - 1 = 3 + 4i,

c'est donc bien l'angle exact d'un triangle rectangle 3,4,5 (longueur = 3 unités, hauteur = 4 unités). Mettons qu'on veuille tripler l'angle du double carré, on obtient alors
(2+i)^3 = (2+i)x(3+4i) = 6 + 8i + 3i +4i² = 6 + 11i - 4 = 2 + 11i,
et notre angle se trouve donc en alignant 2 colonnes de 11 carrés (longueur = 2 unités, hauteur = 11 unités). Pour vérification, l'arctangente du nombre rationnel 11/2 vaut 79,695153(&c)°, qui divisé par 3 donne bien 26,5650(&c)°.

Ce que je trouve moins pertinent maintenant... concernant la position de Guizeh par rapport au rayon volumique moyen, vu que la différence entre les rayons équatorial et polaire n'est que de 20 km environ, une incertitude ne serait-ce que d'un ou deux km sur la mesure de l'un de ces deux rayons pourrait décaler la latitude en question d'une dizaine de degrés, passant de "c'est à 30°pile" à "c'est entre 20° et 40°", bref ça me semble bien trop chaotique a priori pour en tirer des conclusions. Concernant les deux triangles tracés sur l'IDP, il est à noter que le triangle d'or (de longueurs 1,1,phi et d'angles 36°,36°,108° exactement) formé par les volcans ne s'inscrit pas en théorie dans le triangle 3,4,5 (d'angle 36,869897(&c)° = arctan(3/4)) formé par les solstices. Cet écart de 1° environ me gêne un peu... la solution pourrait être de remplacer le triangle d'or par deux triangles 3,4,5 adossés selon leur côté 3, ce qui forme un triangle 5,5,8 soit 12,5km, 12,5km, 20km en vraie grandeur. Après je ne sais pas si cette solution est "sacred geometry compatible", notons que le rapport 8/5 = 1,6 est l'approximation rationnelle de phi donnée par les 5e et 6e nombres de Fibonacci 1,1,2,3,5,8...
Euler : e^(iπ)+1=0 ; Gauss : ∫e^(-t²)dt=√π ; Stirling : (n/e)ⁿ.√2πn/n!=1+ε(n)
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Re: Réforme ?

Post by Lafla » 12 April 2017, 23:47

Image

Dans cette figure j'ai intégré le triangle 3,4,5 que Q Leplat a mis en évidence sur l'IDP dans quatre carrés (orientés NS et EO). Remarquez que non seulement l'hypoténuse mais aussi les deux autres côtés du triangle 3,4,5 suivent les diagonales de trois doubles carrés dans cette figure, le triangle apparaissant donc naturellement dans ce quadruple carré. Pour les trois volcans j'ai suivi mon idée de triangle 5,5,8 qui lui aussi à mon avis s'intègre plus naturellement au quadruple carré, et ça ne me semble pas en contradiction avec ce que dit H Crowhurst dans une interview, à savoir que les "mégalithiciens" attachaient plus d'importance au 3,4,5 qu'au nombre d'or.

A propos de H Crowhurst, il dit également dans une conférence qu'il a trouvé un résultat "inconnu" sur les multiples carrés à partir des mégalithes : l'angle du triple carré (arctan(1/3) = 18,4349(&c)°) plus celui du septuple carré (arctan(1/7) = 8,1301(&c)°) donne l'angle du double carré (arctan(1/2) = 26,5650(&c)°). C'est vrai que ce résultat est "inconnu" au sens où il n'est sans doute écrit nulle part explicitement, mais ce n'est pas tout à fait vrai non plus au sens où il n'est qu'une conséquence directe de l'arithmétique des entiers de Gauss, c'est-à-dire des calculs en nombres complexes que j'ai présentés dans mon post précédent et dont les propriétés sont parfaitement connues depuis Gauss (XVIIIe siècle). En effet :
(3+i)x(7+i) = 21 + 3i + 7i + i² = 20 + 10i = 10x(2+i)
on obtient donc bien un double carré en regroupant les unités par paquets de 10. On sait que les nombres entiers se décomposent de manière unique en produit de nombres premiers, c'est le théorème dit "fondamental" de l'arithmétique. Ce théorème est aussi valable dans le contexte des entiers de Gauss (par principalité de l'anneau noté Z) c'est-à-dire des angles de multiples carrés : tout AMC se décompose de manière unique en somme d'AMC premiers.

De mon point de vue, les entiers de Gauss sont un outil moderne fondamental pour l'étude de la géométrie des "multiples carrés", et donc a priori de celle des mégalithes. Ils devraient donc faire partie du bagage de tout chercheur en la matière, afin de réduire la difficulté des calculs, de prendre un peu de recul sur la masse de relations possibles et accessoirement d'éviter de dire des bêtises concernant ce que nous connaîtrions en tant que modernes ou pas. Bien sûr, la "magie" de ces additions d'angles irrationnels et qui tombent pourtant juste est un peu gâtée quand on constate l'arithmétique toute simple qui est derrière, mais il faut savoir que, les nombres irrationnels étant ce qu'il sont, le fait qu'une opération entre eux tombe mystérieusement juste indique pratiquement toujours qu'elle n'est que l'émanation d'un théorème général, qu'il est donc utile de chercher à connaître.

Dans une autre conférence, H Crowhurst nous indique que la somme des carrés de deux nombres de Fibonacci consécutifs

1² + 2² = 3, 2² + 3² = 13, 3² + 5² = 34, etc...

est un nombre de Fibonacci. Effectivement, je ne connaissais pas cette particularité, qu'on peut démontrer pour n'importe quel rang à partir de l'expression explicite de la suite

Fn = (1/√5)x(φ^n -(-1/φ)^n).

En faisant la démonstration, je suis tombé sur une autre particularité que je ne connaissais pas non plus : si on écrit deux suites de Fibonacci, l'une qui commence par 1,1,2,... et l'autre qui commence par 1,3,... comme ceci

1,1,2,3,5,8,13,21,34,55,89,...
1,3,4,7,11,18,29,47,76,113,...

alors le produit des deux termes de même rang est un nombre de Fibonacci (de la première ligne) :

1x1 = 1, 1x3 = 3, 2x4 = 8, 3x7 = 21, 5x11 = 55, etc...

Enfin les nombres de type "somme de deux carrés" sont les termes de rang impair dans la suite 1,1,2,3,5,... et les nombres de type "produit" sont les termes de rang pair.
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Re: Réforme ?

Post by 'ABD » 14 April 2017, 15:16

Lafla wrote:Bonjour,

http://culturesancestrales.fr/viewtopic ... 922#p24922

tout d'abord, félicitations à Q Leplat pour son travail, je pense que c'est globalement ce qui a été dit de plus intelligent concernant l'île de Pâques depuis bien longtemps, et le lien avec le travaux de H Crowhurst, Carnac, les solstices, la géométrie dite "sacrée", etc... sont ici on-ne-peut-plus clairs. C'est extrêmement simple une fois qu'on a toutes ces choses sous les yeux, ce qui fait que c'est d'autant plus convaincant, mais il fallait y penser... Cela dit j'apprécie aussi la prudence des deux intervenants et je les rejoins tout à fait quand ils disent que l'île n'a pas été crée artificiellement mais sans doute légèrement arrangée.

...
Bonjour Lafla.

Tu apprécie la prudence et tu rejoins les deux web-conférenciers sur "l'arrangement" de la géométrie "artificielle" de l'Ile de Pâques.
Je ne suis pas de cet avis. Je pense que l'île de Pâques a été façonné avec autant de précision que le placement de menhirs ou de la construction de la grande Pyramide. Rien que l'emplacement des "cratères" me laissent bouche bée...

As-tu lu l'article de Quentin Leplat intitulé : "Le Yard Mégalithique, l’étalon oublié de la terre !" ?
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Re: Réforme ?

Post by Lafla » 19 April 2017, 19:28

Bon je vais jouer un peu le gentil troll ici : n'es-tu pas d'avis que ce ne serait pas l'IDP mais l'Amérique du Sud et l'Antarctique qui pourraient avoir été crées à la place où ils sont, et puis on aurait pu pourquoi pas incliner l'axe de rotation de la Terre pour faire correspondre l'axe des deux volcans avec l'axe des soltices, et puis "invoquer" (par le moyen de ton choix) un point chaud pour créer le troisième volcan et former (la belle affaire) un triangle d'or ? JG ne suggère-t-il pas que le système solaire tout entier, notamment la Lune et Mercure, a été créé de toute pièces pour obéir aux règles qu'il tient absolument à y voir ?

Tout ça pour dire que même si ton hypothèse peut sembler "farfelue" (d'un point de vue matérialiste en tout cas), elle ne l'est pas tant que ça si l'on considère l'océan des hypothèses, toutes plus farfelues les unes que les autres, que l'on pourrait émettre au vu de ces considérations. Et donc, ton intuition reste en quelque sorte encadrée dans un matérialisme finalement très terre à terre, tu joues "petits bras" et tu es loin de faire fonctionner ton intuition au maximum de ses possibilités... Mais si on peut toujours trouver plus farfelu, on peut aussi trouver moins farfelu et non moins satisfaisant pour autant, rasoir d'Ockham oblige.

Comme disait H. Poincaré : "C'est avec la logique que l'on prouve et avec l'intuition que l'on trouve." Pour ma part, j'aurais tendance à inverser la formule, pour que la rime finale donne plus de poids à la preuve qui est le but de la démarche scientifique, tandis que l'intuition n'en est que le point de départ. L'intuition c'est l'étincelle, la preuve c'est la lumière... et si je file la métaphore, c'est par la lumière que l'énergie de l'étincelle va pouvoir se diffuser dans l'espace. Autrement dit, l'intuition est purement intérieure ("mon intime conviction", etc...), tandis que la logique se communique à l'extérieur, et tend même à être universelle. Si je dis que "la nuit, tous les chats gris sont des chats", je pense que personne ne me contredira, même au fin fond de l'Univers. Prenez d'autres axiomes du même genre, travaillez un peu le tout et vous obtenez le langage mathématique dans toute son universalité.

Pour en revenir à notre problème, tu partages ton avis et c'est très bien, je l'ai fait moi aussi, mais tant qu'on n'aura ni l'un ni l'autre une liste d'argument propre à convaincre (je dis bien convaincre et non persuader) on ne peut pas espérer que l'autre change d'avis. Si tu veux me convaincre, il faut m'expliquer par exemple comment on a pu créer une île volcanique de 160 et quelques km² par 3000 mètres de fond, et autres choses du même genre. Si moi je veux te convaincre, je n'ai rien d'autre pour le moment que le rasoir d'Ockham, qui est plus un précepte zététique qu'un véritable argument scientifique, mais qu'il est toujours bon de garder en tête.

Pour le yard mégalithique, je fais encore mon troll : on a donc deux unités de mesures "sacrées", le coudée royale d'une part, le yard mégalithique d'autre part, du coup c'est comme pour les pizzas, la troisième est à moitié prix ? Plus sérieusement, pourquoi deux unités différentes ? y a-t-il un lien entre ces deux unités, un même réflexion géométrique qui les sous-tend ? Est-ce le même peuple de bâtisseurs qui les utilisaient ? Pourquoi utiliser tantôt l'une, tantôt l'autre, et dans quel contexte ? etc, etc..
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Re: Réforme ?

Post by Lafla » 20 April 2017, 01:28

J'ajoute un mot sur l'IDP : il y a deux informations de la vidéo qui peuvent être mises en relation, à savoir la latitude de l'île d'une part (à 3/10 de l'équateur soit 3000 km et 7/10 du pôle sud soit 7000 km, avec les discussions de rigueur concernant la précision des mesures, les méthodes de calcul de Google Earth et la définition de ce que serait le "centre" d'une île irrégulière) et l'angle du solstice d'autre part (à 26,565° environ soit un angle du double carré). Si l'on suppose que le Soleil est un point à l'infini (ce qui peut faire peur, mais ne modifie le résultat que de 15 centièmes de seconde d'arc environ, soit un centième seulement du rayon solaire apparent) et que la Terre est une sphère (ce qui induit peut-être une plus grande déviation, à voir*) alors on obtient
sin(S) = sin(A)/cos(L)
où S est l'angle du solstice, A l'angle d'obliquité de la Terre (23°26'14'' d'après Wikipédia) et L la latitude (27°07'10'' pour l'IDP), et on en déduit
S = arcsin(sin(A)/cos(L)) = 26,545° environ
soit deux centièmes de degrés de déviation par rapport à l'angle d'un double carré.

*Effectivement, le résultat pour le modèle sphérique peut dévier de 0,0992° dans le pire des cas (à 45° de latitude), et de 0,0805° au niveau de l'IDP (à 27,1° de latitude) par rapport au modèle ellipsoïdal. Et 2 centièmes de degré d'erreur constatés alors la méthode est précise à 1 dixième de degré, ce n'est pas très pertinent, il va donc falloir que je me coltine le modèle ellipsoïdal...
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Re: Réforme ?

Post by 'ABD » 20 April 2017, 13:33

Lafla wrote:...

Pour en revenir à notre problème, tu partages ton avis et c'est très bien, je l'ai fait moi aussi, mais tant qu'on n'aura ni l'un ni l'autre une liste d'argument propre à convaincre (je dis bien convaincre et non persuader) on ne peut pas espérer que l'autre change d'avis. Si tu veux me convaincre, il faut m'expliquer par exemple comment on a pu créer une île volcanique de 160 et quelques km² par 3000 mètres de fond, et autres choses du même genre. Si moi je veux te convaincre, je n'ai rien d'autre pour le moment que le rasoir d'Ockham, qui est plus un précepte zététique qu'un véritable argument scientifique, mais qu'il est toujours bon de garder en tête.

Pour le yard mégalithique, je fais encore mon troll : on a donc deux unités de mesures "sacrées", le coudée royale d'une part, le yard mégalithique d'autre part, du coup c'est comme pour les pizzas, la troisième est à moitié prix ? Plus sérieusement, pourquoi deux unités différentes ? y a-t-il un lien entre ces deux unités, un même réflexion géométrique qui les sous-tend ? Est-ce le même peuple de bâtisseurs qui les utilisaient ? Pourquoi utiliser tantôt l'une, tantôt l'autre, et dans quel contexte ? etc, etc..
Des arguments, j'en ai par rapport à ce qu'il y a !
En observant des faits tel que la distance entre l'Ile de Pâques et Angkor Wat ou la grande pyramide d'Egypte, en observant la distance des cratères entre-elles, de cette île, le nombre de kilomètre carré, la fabrication et le placement des ahus et moaïs, tout ce qu'a pu dire Quentin Leplat et autres chercheurs sur ce sujet, apportant encore et toujours des "faits" démontrant encore et toujours que tout cela a été bien "mis en place" sans aucun doute, avec grande précision, on n'a pas le droit de dire que cela a été placé ainsi "naturellement" ou "hasardeusement" !
La question n'est pas d'être persuadé que l'Ile de Pâques, elle-même orienté, a été finement "terra-formé", mais de savoir "comment" !
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Re: Réforme ?

Post by piphipi » 21 April 2017, 09:12

@Lafla "... l'angle du solstice d'autre part (à 26,565° environ soit un angle du double carré)...."

Un petit rappel: :)
https://www.google.fr/search?q=angle+de ... 8Afqu7DoDg

et 2 extraits: cet angle était de 23° 26' 13,490" (ou 23,4370805844°) au 1er janvier 2017
et L'inclinaison terrestre est l'angle entre l'axe de rotation de la Terre et son plan orbital, elle reste confinée entre 21,8° et 24,4°

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Re: Réforme ?

Post by Lafla » 21 April 2017, 21:04

Concernant le modèle ellipsoïdal, voici l'équation que j'ai pu trouver :
sin²(S) = (sin²(A)/cos²(L)) x [1 + (B²-1) x sin²(L)]
où S,A,L sont comme précédemment et B = Re/Rp est le rapport entre le rayon équatorial et le rayon polaire (B = 6 378 136 m / 6 356 752 m). Avec ces nouvelles données, l'angle du solstice dans le modèle sphérique S = 26,543312° devient S = 26,563357°. Je pensais qu'on s'éloignerait... en fait on se rapproche et on gagne même une décimale.

Après, comme Piphipi le rappelle à juste titre, un modèle théorique ne donne de résultat qu'à la hauteur des données qu'on lui fournit : si ces données sont variables ou approximatives en pratique, il en sera de même pour la grandeur calculée. Si l'on tient compte d'un variation de l'obliquité entre 21,8° et 24,4°, l'angle S variera entre 24,6° et 27,6° environ. Cette "course à la décimale" n'a donc sans doute pas beaucoup de sens, et pour ma part c'est l'aspect théorique qui m'intéresse avant tout, mais c'est toutefois une drôle de coïncidence que la valeur mesurée en 2017 fournisse un résultat aussi précis.

@ABD : Nous sommes tous d'accord, zététiciens inclus, pour dire que les édifices de Gizeh et d'Angkor Vat ne sont pas le fruit du hasard ou des aléas géologiques naturels, parce qu'il est hautement improbable qu'en agitant des cailloux comme des dés dans un cornet on se retrouve tout à coup avec une pyramide pleine de galeries ou un temple plein de statues. De ce fait on peut en déduire que ces édifices sont l'expression d'une intention architecturale, qu'elle soit humaine, extraterrestre, divine ou ce qui vous plaira. Bien que les méthodes de construction nous échappent encore probablement en partie, on ne peut pas douter qu'il s'agisse d'une intention parce que chaque pierre est en relation avec l'ensemble des autres, ce qui donne un nombre immense de "contraintes" et détruit toute idée de hasard.

L'IDP est-elle un édifice au même titre que les précédents ? D'une, le nombre de "contraintes" qui ont été mises en évidence n'est pas si grand, voire carrément ridicule en comparaison, et il n'est pas improbable, vu le grand nombre d'îles, de volcans et de montagnes sur Terre que l'on puisse trouver de nombreux autres lieux, sur lesquels on a éventuellement placé d'autres "sites sacrés", qui obéissent à autant de contraintes géométriques voire plus. De deux, c'est une hypothèse difficile à défendre tant qu'on n'aura pas le début d'une idée raisonnable concernant la méthode de construction. De trois, tout n'est pas si bien pensé que ça : pourquoi le côté 3 du triangle 345 tombe-t-il dans l'eau, et pourquoi n'est-il pas lui aussi marqué par un volcan ? ça serait logique non ?

Bref, je ne veux pas paraphraser la vidéo mais ce que l'on peut en conclure selon moi, c'est que l'île a probablement été choisie pour ses particularités, comme d'autres lieux sur Terre l'ont été, ce qui sous-entend des connaissances astronomiques ou géographiques qui méritent peut-être d'être reconsidérées, rien d'autre. Au contraire, je trouve que les explications présentées ont le bon goût de nous ramener à des considérations beaucoup plus terre-à-terre, comme celle de Davidovits pour la construction des pyramides par exemple.

Mais ce n'est qu'un avis, je retourne donc vers les mathématiques où j'ai davantage de compétences. Ici une vidéo (en anglais) sur la suite de Fibonacci :

https://www.youtube.com/watch?v=_GkxCIW46to

La chaîne contient également des vidéos intéressantes sur les nombres irrationnels, les fractions continues et Ramanujan, sujets que JG a abordés ces derniers temps.
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Re: Réforme ?

Post by Lafla » 25 April 2017, 00:09

Un sujet mathématique en vogue en ce moment, notamment sur le site Stop Mensonges, est celui de la "logique tétravalente", logique qui serait celle du peuple extraterrestre Ummite, et qui consisterait à remplacer le système binaire "OUI/NON" par un système tétravalent "OUI/NON/OUI ET NON/NI OUI NI NON". Pour le moment et tel que cela est présenté par Stop Mensonges, ça me semble surtout une façon de remplacer "OUI/NON" par "OUI/NON plus deux façons de dire je ne sais pas", ce qui ne fait pas tellement avancer les choses... A son époque Gödel faisait déjà la distinction entre ce qui est démontrable et ce qui ne l'est pas parmi ce qui est vrai, sa grande découverte étant que certains théorèmes peuvent être vrais sans qu'on puisse les démontrer.

Et au-delà de ça, je signale que les mathématiciens s'intéressent déjà à ce genre de généralisation des fondements mathématiques, notamment à travers la notion de "topos" que je vais tâcher de vous présenter en quelques mots. C'est une logique dans laquelle une valeur de vérité peut évoluer au cours du temps ou selon le point de vue. Prenons un ensemble E1 et un sous-ensemble F1 de E1. Un élément de E1 pris au hasard peut appartenir à F1 (réponse "oui") ou ne pas appartenir à F1 (réponse "non"), il n'y a pas d'autre possibilité, c'est la dure loi (sévère mais juste) des ensembles. Faisons maintenant évoluer les choses : chaque élément x de E1 devient un élément y d'un nouvel ensemble E2, et les éléments de F1 deviennent a fortiori des éléments d'un sous-ensemble F2 de E2. On forme ainsi des "ensembles nouvelle génération" E et F (appelés préfaisceaux d'ensembles) qui traduisent deux points de vue ou deux "niveaux de réalité", le niveau 1 et le niveau 2. Si on pioche au hasard un "élément" du préfaisceau E et qu'on cherche à savoir s'il appartient ou non au sous-préfaisceau F, la réponse peut donc être soit OUI, soit NON, soit OUI ET NON (c'est-à-dire oui au niveau 2 mais pas au niveau 1).

Un exemple très simple et d'actualité : supposons une élection à deux tours dans laquelle X est élu(e). Si on pose la question "avez-vous voté pour X ?", la réponse peut être OUI (aux deux tours), NON (ni au premier, ni au deuxième tour), OUI ET NON (oui au deuxième tour, non au premier tour). Dans l'hypothèse où tous ceux qui ont voté pour X au premier tour ont aussi voté pour X au deuxième tour, les électeurs de X forment donc un préfaisceau combinant deux "niveaux de réalité".

En combinant un grand nombre de niveaux de réalité qui évoluent selon un réseau de connexions bien choisi, on définit une structure mathématique appelée "catégorie", et les préfaisceaux sur cette catégorie forment eux-même une catégorie appelée "topos". La notion de catégorie englobe la notion d'ensemble : les ensembles, trop "nombreux" pour former un ensemble, forment en revanche une catégorie. Ces topos conduisent à une nouvelle logique qualifiée "d'intuitionniste", qui diffère de la logique classique en un point important : le principe du tiers exclus et le raisonnement par l'absurde n'y sont plus valables, en particulier il ne suffit pas de montrer que le contraire d'une affirmation est faux pour en déduire que cette affirmation est vraie.

Les topos donnent ainsi une vision "topologique" ou "géométrique" de la logique, en la faisant évoluer dans un certain espace. Ils ont été introduits Alexandre Grothendieck, l'un des plus brillants mathématiciens du XXe siècle, décédé en 2014 après une deuxième partie de vie assez singulière voire mystique... à tel point que le rapprochement avec l'affaire Ummite n'est pas impossible pour un esprit suffisamment ouvert. A ce sujet il peut être intéressant de consulter le documentaire "Alexandre Grothendieck - Sur les routes d'un génie" ou son ouvrage autobiographique d'un millier de pages "Récoltes et Semailles", dans lequel il parle du topos comme de l'une des deux notions les plus importantes qu'il ait développée avec celle de "motif".

Pour finir, un mot sur un chercheur en géométrie et en physique mathématique dont j'admire tout particulièrement le travail, Alain Connes, médaille Fields 1982 (équivalent du prix Nobel pour les mathématiques), qui milite pour la popularisation du concept de topos, et qui travaille sur un rapprochement de la relativité générale et de la mécanique quantique à travers l'idée d'espace non commutatif. Heisenberg avait remarqué que la position x d'une particule-onde et son impulsion (vitesse) p sont deux opérateurs ou matrices qui ne commutent pas : il existe une très légère différence entre les produits xp et px d'où découle le fameux principe d'incertitude
xp - px = ih/2π
où i² = -1 est l'unité imaginaire et h est le quantum d'action de Planck. D'après le modèle d'A. Connes (cité en référence par P. Guillemant par exemple), il suffit d'ajouter à la variété riemannienne qui modélise l'espace-temps en RG une "légère" non commutativité pour pouvoir y inclure le lagrangien de la MQ, redéfinir la métrique g et la distance géodésique à partir du propagateur des fermions, utiliser la "musique des formes" (spectre de l'opérateur laplacien) pour redéfinir les points de cet espace et tout un tas d'autres choses que je suis trop non spécialiste pour comprendre.

Entre autres choses, il affirme que l'écoulement du temps apparaît comme une conséquence des incertitudes constitutives de la MQ (principe de Heisenberg, notion d'entropie/information, etc...) en s'appuyant sur sa classification des algèbres de Von Neumann (structures qui contiennent les "observables" de la MQ). Il interprète le mécanisme de Higgs (brisure de symétrie qui donne leur masse aux particules) comme un "écart" entre deux versions ou deux "faces" d'un même espace temps, ce qui peut faire penser aux univers gémellaires de J.P. Petit et donc encore une fois aux Ummites...

Je souligne que des gens comme Connes et Grothendieck (dans la première partie de sa vie en tout cas) font partie du courant scientifique on-ne-peut-plus "mainstream" avec thèses, publications et tout. Et pourtant ils peuvent tout aussi bien intéresser un autre type de public disons plus ésotériste, si tant est que ce public ne reste pas bloqué par des faux problèmes comme les nombres irrationnels, les quadratures impossibles, etc... On accuse les mathématiciens d'être abstraits et trop éloignés du concret physique, mais c'est justement en s'en détachant qu'ils peuvent jouer les éclaireurs et ouvrir des passages vers d'autres domaines.

Quelques vidéos d'A. Connes :
https://www.youtube.com/watch?v=nSkqeh8kiII
https://www.youtube.com/watch?v=qrpp1Mh8EDo
https://www.youtube.com/watch?v=zMfMtzgAhfo
la dernière est plus spécialisée :
https://www.youtube.com/watch?v=694OrM-XIIA
Euler : e^(iπ)+1=0 ; Gauss : ∫e^(-t²)dt=√π ; Stirling : (n/e)ⁿ.√2πn/n!=1+ε(n)
1 = (1/φ)² + (1/φ)³ + ... + (1/φ)ⁿ + ...

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Lafla
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Re: Réforme ?

Post by Lafla » 10 May 2017, 20:26

A propos de Grothendieck, je viens d'apprendre que 18 000 pages de de sa main viennent d'être mises en ligne librement par l'université de Montpellier, ce qui représente un réservoir de connaissances si considérable qu'il faudra peut-être vingt ans pour l'analyser à fond.

http://www.leparisien.fr/societe/les-no ... 934224.php
Euler : e^(iπ)+1=0 ; Gauss : ∫e^(-t²)dt=√π ; Stirling : (n/e)ⁿ.√2πn/n!=1+ε(n)
1 = (1/φ)² + (1/φ)³ + ... + (1/φ)ⁿ + ...

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